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jeudi 15 décembre 2011

DOCTOR WHO INTÉGRALE SAISON 5 (EXCLUSIVITÉ FNAC, 2011)


DOCTOR WHO INTÉGRALE SAISON 5 (EXCLUSIVITÉ FNAC, 2011)

(Ce coffret Blu ray vendu aux alentours de 30 euros est une exclusivité des boutiques FNAC en France et comporte malgré tout l'intégralité des bonus des éditions anglaises et américaines intégralement sous-titrées. Sa disponibilité est extrêmement limitée dans le temps et en termes de quantité. Je vous conseille ardemment d'en tenir compte si vous souhaitez l'acquérir : ne traînez pas, il n'y en aura pas pour tout le monde!)

Le Docteur est de retour et cette fois, juste après s'être régénéré pour la onzième fois, il va faire la rencontre d'une petite fille rousse d'origine écossaise, Amelia Pond, terriblement effrayée par une fissure récemment apparue de manière impromptue sur le mur de sa chambre dont émanent des voix étranges et qui a justement prié pour que quelqu'un vienne à son aide afin de résoudre le problème.

Ça tombe plutôt bien, car c'est dans son jardin que le docteur et son célèbre Tardis (une machine à voyager dans l'espace et le temps ayant l'apparence d'une cabine téléphonique de Police Anglaise bleue) ont décidé de faire escale, ou plutôt de se crasher, et celui-ci encore en pleine redécouverte de son nouveau corps suite à sa récente régénération, va découvrir que cette fissure est en fait une faille dans l'espace et le temps... Une faille dont il est peut-être responsable...

La jeune Amelia, dit Amy, maintenant devenue adulte va voir son destin prendre une tournure qu'elle n'aurait jamais pu imaginer : embarquer à bord de la machine à voyager dans le temps du Time Lord et vivre des aventures plus extraordinaires les unes que les autres!


Petit retour dans le temps, approprié étant donné le sujet. DOCTOR WHO est né en Angleterre sur BBC en 1963, puis s'arrêtera pour un temps par manque d'audience en 1989 et avec une promesse par ses producteurs d'un retour prochain.

C'est seulement en 2005 qu'une nouvelle série -suite directe de la précédente-verra le jour et relancera la franchise de façon inespérée. Pourquoi inespérée? Et bien simplement parce que les aventures du Docteur restent particulières à appréhender dans leur ton, du fait de ses origines british marquées, donnant lieu à des différences culturelles pas forcément compréhensibles par tous (à commencer par nous les Français) au rythme et à la mythologie peu orthodoxes et à l'aspect visuel souvent considéré comme étant kitsch, excentrique, farfelu et un peu trop flashy...Typiquement anglaise, quoi!

Quoi qu'on puisse en penser, DOCTOR WHO fait partie de ces séries où il faut s'investir un minimum, faire des efforts lorsqu'on la découvre afin d'en comprendre son fonctionnement propre et unique en son genre, un peu comme pour des séries à l'instar de BABYLON 5, FARSCAPE ou même pour citer l'exemple le plus célèbre STAR TREK qui s'appuient sur des univers/mondes codifiés et de prime abord extrêmement fermés et incompréhensibles par le néophyte de passage, particulièrement difficiles d'accès vus de loin.

Mais comme toutes les séries que je viens d'évoquer, une fois le laborieux cap didactique passé, le plaisir, que dis-je, l'extase, viennent nous saisir et nous donne les clés d'univers complexes à découvrir nous permettant de vivre des aventures extraordinaires et totalement originales.

DOCTOR WHO fait indubitablement partie de cette catégorie d'exception, et mérite très largement l'investissement "culturel" étant donné son statut à part, qui ne ressemble à aucunes autres séries, au ton et à l'ambiance bien à elle et dépaysants.

C'est ce que nous, férus d'histoires et d'imaginaire recherchons, non?


En 2005 BBC relance donc la saga, aujourd'hui devenue une véritable fierté nationale et une institution incontournable de l'Histoire de l'audiovisuel british, par le biais d'une nouvelle saison mettant en vedette Christopher Eccleston, visage officiel du neuvième Docteur, sous la production et l'écriture novatrice et inspirée de Russel T Davies.

Je vois d'ici les profanes tiquer à l'évocation du neuvième docteur, de son numéro affilié, et cela mérite une explication. Voyez-vous, si de nombreux acteurs différents ont incarné le célèbre Docteur depuis 1963, leur changement est en revanche parfaitement intégré au concept même du personnage, puisque ce dernier lorsqu'il change de visage se régénère et change d'apparence mais reste bel et bien le même personnage personnifié par des interprètes différents mais toujours dans la continuité narrative des précédents.

Cette idée de génie est tout simplement révolutionnaire et justifie donc les départs et les remplacements des précédents acteurs sans interférer sur la crédibilité du personnage. Mieux, les précédents Docteur ne sont de ce fait jamais oubliés car ils font partie des multiples visages que notre maître du temps a arboré, que ce soit le temps d'une saison, d'un téléfilm ou autres, peu importe, ils resteront à jamais intégrés à l'histoire comme étant le docteur numéro un, deux ou cinq !

Revenons à nos moutons, et à cette saison cinq qui marque de profonds changements dans la saga du Time lord, à commencer par le départ de celui qui à justement relancé la série, le scénariste Russel T.Davis qui passe la main après plus de cinq ans de bons et loyaux services à son collaborateur le plus apprécié des fans, Steven Moffat, co-scénariste d'épisodes marquants de la saison 3 et 4, primé d'ailleurs pour cela.


Moffat en plus de reprendre les rênes de chef-scénariste devient producteur exécutif de DOCTOR WHO et amorce une nouvelle ère ouvrant la série à une nouvelle audience jusqu'alors un peu exclue comme expliqué plus haut, en rendant la série plus "internationale", plus accessible à ceux qui trouvaient les repères de cette dernière trop ancrés dans la culture anglaise, sans pour autant trahir ses origines bien entendu, en la modernisant considérablement, la série intégrant de nouveaux visages, étant quasiment refondue de pieds en tête pour un nouveau départ mais dans le respect de son héritage passé dense.

C'est le départ de David Tennant (dixième Docteur pendant 4 ans) remplacé depuis par Matt Smith (onzième visage officiel du Docteur) qui va amorcer ces changements. Nouveau Docteur et donc nouvelle compagne, nouveau side kick aussi et nouveau Tardis, une refonte visuelle quasi totale de l'ère Russel T.Davies permettant à ceux qui n'ont jamais suivi la série de la prendre en cours sans être perdus, même les célèbres Arch-ennemies du Time lord, les fameux Daleks, changent de look et se modernisent dans leur apparence, perdant un peu leur aspect jusque-là considéré comme (trop) rétro par les profanes, de nouvelles bases narratives étant de plus mises en place afin de faciliter cette transition dans l'histoire de la saga télévisuelle.

Bref, les changements offrent à l'univers du Docteur un look plus moderne et approprié à notre époque, moins "vieillot" dans son aspect que les précédentes saisons qui jusque-là tenaient trop compte de son lourd héritage passé, s'offrent des atours plus appropriés aujourd'hui pour séduire le reste du monde, surtout le public américain clairement visé par la production depuis 2009 (et encore plus dans la saison suivante!), et s'offre même des SFX impressionnants bien plus soignés, comme un lifting intégral sans jamais perdre l'esprit original et particulier cher aux fans du Time Lord.


L'enfance, comme souvent avec Moffat, est l'élément central de cette saison, à commencer par celle d'Amy Pond puisque elle n'est encore qu'une enfant lorsque le Docteur fait sa connaissance de façon loufoque et amusante.

Celui-ci, tout juste régénéré, déboule dans son jardin à bord de son fameux Tardis de manière impromptue nous donnant à nous téléspectateurs l'occasion de faire la connaissance avec ce onzième Docteur au look de professeur dandy anglais d'archéologie, extrêmement énergique et beaucoup plus démonstratif émotionnellement, plus enjôleur également, se rapprochant conceptuellement parlant plus du modèle du grand-frère protecteur comparé à ses incarnations passées, encore plus bavard que d'habitude, affichant un impressionnant débit d'élocution.

Le premier épisode assied immédiatement Matt Smith (alors âgé de 26 ans) en tant que digne successeur de Tennant et des précédentes incarnations du Docteur, l'acteur affichant un naturel déconcertant pour se glisser dans la peau du dernier des maîtres du temps, l'interprétant avec beaucoup d'aisance et de fraîcheur (même si de son propre aveux il lui aura fallu quelques épisodes pour lui imprimer son propre style), se démarquant singulièrement par un tempérament plus exalté encore que ne l'était le dixième Docteur, plus turbulent et agité aussi, comme un enfant coincé dans le corps d'un adulte, une logique une fois de plus liée au concept même du personnage, ce dernier rajeunissant de régénération en régénération, détail amusant puisque parfaitement adapté au jeunisme habituel appliqué aux vieilles séries mais ici intégré une fois de plus au concept même du mythe.


Un nouvel arc scénaristique est mis en place, qui va servir de fil rouge tout au long des treize épisodes que comporte cette saison, et même commencer à introduire la suivante, impliquant une faille dans le temps dont serait responsable le Docteur du fait de ses allées et venues temporelles, responsables de nombreux dysfonctionnements dans le temps, d'altérations occasionnant bien des soucis à notre Time lord.

C'est d'ailleurs ce problème qui va lui permettre de faire la connaissance d'Amy Pond (remarquablement interprétée avec beaucoup de fraîcheur par la séduisante Karen Gillan), celle qui va devenir la nouvelle compagne du Time lord, qui va l'accompagner dans ses nouvelles aventures à travers l'espace et le temps, une jeune femme qui est sur le point de se marier à Rory Williams, un grand dadais un peu maladroit mais extrêmement amoureux d'elle qui va bien malgré lui être également embarqué dans les péripéties extravagantes du Docteur.

Durant cette saison cinq, Le Docteur va être confronté au fil des épisodes aux conséquences de cette faille , être amené à voyager dans le temps et sur d'autres planètes lui donnant l'occasion notamment de rencontrer, entre autre, le célèbre peintre Van Gogh confronté à une créature qu'il est le seul à percevoir (et responsable de la folie que l'histoire lui incombe!), de retrouver son ami  Winston Churchill durant la Seconde Guerre mondiale le temps d'un épisode impliquant les machiavéliques Daleks, le verra de nouveau être confronté aux côtés de la fabuleuse River Song, aux terrifiants Whipping Angels (de dangereuses statues qui exploitent le principe de 1, 2, 3 soleil à des fins mortelles!), devra stopper des vampires dans la somptueuse Venise de 1530, tentera d'empêcher l'invasion de créatures intra-terrestres bien décidées à reprendre le contrôle de la surface de la terre, et jouera les colocataires atypiques afin d'enquêter sur des disparitions étranges dans une résidence...


Une saison extrêmement riche et fabuleusement inventive qui met encore plus en avant l'humanisme légendaire du Docteur toujours aussi utopiquement pacifiste, sorte de négociateur respecté dans la galaxie et le temps en somme, parfois obligé de faire des compromis mais préférant mettre sa propre vie en jeu plutôt que celle des autres, souvent confronté à des situations ou le Commun des Morte abandonnerait alors que lui non, il résiste vaille que vaille et préfère privilégier le bon côté des choses et maintenir l'espoir jusqu'au bout!

Rappelons que DOCTOR WHO est une série à la base destinée aux enfants, que ces derniers sont dans cette cinquième saison l'élément central narratif, donnant l'opportunité à Steven Moffat d'exploiter des thématiques liées à leurs émotions, de développer des concepts affiliés à l'enfance comme l'idée d'un ami imaginaire (Amy pond alors enfant est confortée par ses thérapeutes dans l'idée que le Docteur en est un!) , de parler de leur place au sein de la cellule familiale et même dans notre société, de savoir les écouter, de tenir compte et d'être respectueux envers leurs idées, leur approche des choses, souvent beaucoup moins conventionnelle et plus lumineuse que celle des adultes, le Docteur leur accordant la plus haute importance, les impliquant dans la résolution des problèmes rencontrés et les traitant comme son égal.


Mais ce sont les deux derniers épisodes "THE PANDORICA OPEN PART 1 ET 2" qui vont enfoncer le clou d'une saison passionnante et exaltante, conclusion qui fait intervenir dans son ouverture tous les personnages majeurs de la saison, de Van Gogh à Winston Churchill en  passant par la reine régnant sur la Grande-Bretagne au 29ème siècle elle-même et qui voit pour notre plus grand plaisir le retour de River Song (interprétée par l'irrésistible Alex Kingston), devenue à présent indissociable du futur du Docteur et de la série, et même celui de Rory que l'on croyait pourtant bel et bien disparu dans des circonstances dramatiques que je ne dévoilerai pas ici!

Nos héros vont découvrir via des signes éparpillés au fil du temps que le site de Stonehenge abrite une étrange boîte gigantesque, la Pandorica, visiblement centre de toutes les attentions et qui attire les convoitises de toute la galaxie, surtout celles des envahisseurs que notre cher Docteur a affronté et vaincus maintes fois de par le passé , que ce soit les Daleks, les Cybermens, les Sontariens ou encore les Atraxis, tous en orbite autour de la terre prêts à faire main basse sur le contenu mystérieux qu'elle renferme.

Les dernières minutes de cette première partie donne alors lieu à des séquences mémorables instantanément cultes au suspense haletant, le Docteur se retrouvant alors face à la quasi intégralité de ses ennemis jurés et défendant malgré tout la Pandorica pensant naïvement qu'elle renferme une arme absolue, un guerrier ultime... Mais la réalité est toute autre et avant qu'il ne le réalise il va se retrouver pris au piège d'un complot intergalagtique visant à le mettre définitivement hors d'état de nuire, le tout culminant dans un Cliffhanger mémorable ou l'intégralité de ses amis se retrouvent de plus mis à mal!


Malheureusement la deuxième partie s'avère un peu décevante, les paradoxes temporels la rendant trop hasardeuse, malgré un rythme extrêmement soutenu et des mises en situations inventives mais totalement improbables (en tenant compte de la logique et des règles de l'univers propre à la saga), les solutions de facilités scénaristiques s'enchaînant à l'écran et donnant lieu à des retournements de situation bien pratiques pour sortir nos héros de leur fatalité mais complétement incohérents, même si le final s'avère particulièrement émouvant, touchant et libérateur, concluant joliment la thématique de l'ami imaginaire initié dans le premier épisode et donne dans le divertissement aux péripéties purement jouissives.

Une fin de saison mi-figue mi-raisin qui tente tant bien que mal de rivaliser avec celles des précédentes mais n'arrive jamais à être à la hauteur de ses promesses en termes d'enjeux dramatiques et de cohérence narrative, probablement car Moffat reste trop dans le sillage de T.Davis en voulant donner à tout prix dans le spectaculaire et les coups de théâtre alors que les éléments émotionnels qu'il installe, eux, fonctionnent parfaitement et touchent pourtant bien au cœur jusqu'au bout.

Nul doute quand s'affranchissant complétement de son prédécesseur, il trouvera sa propre identité, ou plutôt s'affirmera complétement, et qu'il montrera qu'il est un scénariste de génie qui privilégie les valeurs du Docteur, le cœur, les émotions humaines, sans trahir l'héritage aventuresque de la saga.

Il faudra attendre la sixième saison pour s'en convaincre définitivement, saison qui débute d'ailleurs par un sacré choc :  l'exécution du célèbre Time lord!

Mais ça c'est une autre histoire...


NOTE GLOBALE : 17/20

DÉDICACE AMOUREUSE À MA SANDRINE, LA TIME LORD DE MON CŒUR ET À DELPHINE BATIER QUI COMME LE DOCTEUR VIT SES RÊVES QUELLES QUE SOIENT LES DIFFICULTÉS ET L'ADVERSITÉ, AINSI QU'À PHILIPPE ASTRUC TOUJOURS ET ENCORE LE REGARD TOURNÉ VERS LES ÉTOILES ET À OLIVIER LE DOCTEUR AVEC MES AMITIÉS
Visuel contractuel de l'édition Blu ray Française officielle exclusive FNAC
 
Luke Iron Mars

dimanche 4 décembre 2011

DOCTOR WHO : A CHRISTMAS CAROL (2010)


DOCTOR WHO : A CHRISTMAS CAROL (2010)

(Cette épisode inédit chez nous en blu ray et dvd est d'ores déjà disponible à petit prix en Angleterre mais sans sous-titres Français, uniquement dans la langue de Shakespeare. Il sera en revanche diffusé en exclusivité le 25 décembre 2011, le soir de Noël, sur FRANCE 4)

À peine remis de leur récente mésaventure liée à la Pandorica, Amy Pond (Karen Gillan) et Rory Williams (Arthur Darvill), alors en pleine célébration de leur mariage, se retrouvent de nouveau face à un sérieux problème : le vaisseau luxueux sur lequel ils naviguent pour leur lune de miel a perdu le contrôle et est en pleine chute libre!

Le personnel navigant demande instamment l'autorisation d'atterrir sur la planète où le vaisseau est sur le point de s'écraser, mais le ciel et ses nuages semblent obstruer le passage de manière artificielle et pour cause, l'espace aérien et son contrôle absolu appartiennent à un magnat des finances de ce monde, un homme d'affaire impitoyable du nom de Kazran Sardick (Michael Gambon) qui est le seul à posséder le pouvoir nécessaire pour manipuler l'appareil régissant les cieux mais qui se trouve être un homme terriblement avare, considérant les vies des autres comme insignifiantes et refusant obstinément d'intervenir, estimant qu'il n'a rien à y gagner.

Heureusement Amy a lancé un signal de détresse à son ami indéfectible, le seul, l'unique et dernier maître de l'espace et du temps, le célèbre Docteur Who (Matt Smith), qui va alors tout faire pour convaincre Sardick de changer d'avis et de sauver les passagers de ce péril et ce quite à altérer son passé pour y parvenir!



Le Docteur revient le temps d'un chapitre inédit après une fin de cinquième saison au final tonitruant titanesque (mettant en scène la Pandorica et la quasi intégralité de ses ennemis jurés!!!) via A CHRISTMAS CAROL, un épisode spécial de la série DOCTOR WHO, un complément d'une heure fonctionnant de manière indépendante réalisé et diffusé comme le veut maintenant la tradition à l'occasion des fêtes de noël, en attendant la prochaine et sixième fournée très attendue encore inédite chez nous.

Écrit par Steven Moffat, producteur exécutif et scénariste en chef de l'intégralité de la saison passée, A CHRISTMAS CAROL s'inspire ouvertement du roman de Charles Dickens "UN CHANT DE NOËL" revu et réinterprété par le célèbre maître du temps dans le but de pouvoir redonner à un despote sans cœur et sans états d'âme le goût des émotions et des valeurs humaines.

Ceux qui sont fans de la série le savent déjà, l'ancien scénariste en chef, Russel T.Davies, était plutôt un partisan de l'action trépidante et du grand spectacle alors que Moffat lui privilégie plutôt les rapports entre les personnages, les relations et les émotions liées à l'enfance avec souvent un petit côté sombre, en tenant compte de la noirceur réelle de certains événements que la vie impose.

C'est de nouveau le cas pour cet épisode spécial qui se démarque principalement donc des précédents en jouant avant tout sur un esprit tendre et touchant, généreusement et ouvertement enfantin (mais jamais infantile) et extrêmement humaniste, à l'image des valeurs que défend le Time Lord depuis le début de son existence, ici incarné (et ce depuis la saison cinq) par le malicieux et extravagant Matt Smith, onzième visage du célèbre Docteur so so British.


Afin d'éviter le crash d'un vaisseau nuptial abritant à son bord Amy et Rory, le Docteur va devoir, tout comme dans le légendaire conte, jouer les fantômes du passé, du présent et du futur de Kazran Sardick, un homme avare au cœur aussi sec qu'un pruneau qui règne en maître sur les finances de son monde, possédant jusqu'à la faculté de contrôler l'agencement architectural du ciel à l'aide d'une machine infernale, obstruant ce dernier selon son bon vouloir et s'octroyant de ce fait les pleins pouvoirs décisionnels sur les allers et venues du trafic aérien.

Le vieil homme, véritable puissance économique suprême de son monde donc, alloue également des emprunts aux plus infortunés, mais en échange d'une garantie pour le moins abusive : il exige qu'un membre de la famille concerné soit cryogénisé en gage et en retour du paiement!

Le Docteur remonte donc le temps et réécrit l'enfance difficile de ce vieillard aigri au passé tourmenté impliquant des confrontations avec un père brutal et autoritaire, un héritage basé sur les valeurs marchandes et les tractations financières au détriment des sentiments et une restriction de vivre comme tous les autres camarades de son école, l'empêchant d'être simplement un enfant normal pourvu de compassion.


Il va s'affairer à rendre ses souvenirs plus chaleureux qu'il ne l'était à l'origine en se servant de son célèbre Tardis, machine à voyager dans le temps qui a l'aspect d'une cabine téléphonique de police Anglaise bleue, en revenant le visiter alors qu'il n'est encore qu'un enfant innocent et va tenter de préserver son âme des effets néfastes de son éducation rigide, et ce année après année, jusqu'à notre présent, afin de changer son caractère et de le rendre plus empathique envers ses congénères.

Si dans un premier temps ses interventions intempestives s'avère totalement farfelues et excentriques, comme d'accoutumée avec le Docteur, elles vont vite prendre un tournant plus émotionnel, puis romantique voire dramatique et tragique par l'entremise d'Abigail, une belle jeune femme cryogénisée par le père de Sardick et qui comme d'autres personnes sert de garantie à un emprunt que la famille de cette dernière a contracté jadis.

Chaque Noël Sardick alors enfant et notre fameux Docteur vont lui rendre visite et la sortir de son caisson afin de célébrer dignement et souvent de manière totalement délirante tous les réveillons suivants, en voyageant le temps d'une journée à travers le monde, l'espace et les époques, en l'entraînant dans des situations toutes plus cocasses les unes que les autres (impliquant même Marilyn Monroe!) et en redonnant peu à peu à Sardick le sens des vraies valeurs humaines.

Toutes ses rencontres saugrenues annuelles vont naturellement mener à un début de romance entre Sardick, devenu au fil des ans un beau jeune homme, et Abigail (remarquablement interprétée par la chanteuse Katherine Jenkins dont c'est le premier rôle majeur), mais seulement voilà, cette dernière extrêmement malade et condamnée, a une vie qui s'étiole à chaque fois qu'elle est de sortie et cela va mener à des conséquences et des événements imprévus par le Docteur... Mais comme il se doit, celui-ci n'abandonnera pas et réussira à rendre son âme d'enfant à cet homme et ce contre vent et marée!


Comme dit plus haut, Moffat s'évertue à développer une histoire intense et émouvante en s'appuyant sur un roman connu de tous et adapté maintes fois sur petit et grand écrans, en y greffant les particularités loufoques et la logique absurde du Docteur, le grain de folie qu'on lui connaît, apportant de ce fait à cette version un point de vue  totalement inédit bien plus intéressant que les dernières adaptations en date du roman de Dickens.

L'histoire, pourtant totalement familière et somme toute d'origine assez simple dans son fonctionnement, reste constamment captivante et prenante, le Docteur étant souvent imprévisible, et incorpore des éléments inhabituels pour ce type de programme, dont la fatalité de la mort, l'acceptation de cette dernière, mais en gardant un ton et un état d'esprit positif sur le sujet, presque joyeux.

Moffat, une fois de plus, réussit à nous attendrir constamment sans tomber dans la solution de facilité des contes pour noël qui consistent généralement à utiliser la sacro-sainte magie à des fins trompeuses sous forme de raccourci narratif afin de conclure sur le happy end de rigueur que l'on attend compte tenu du sujet. Si elle est bien présente ici et fait même partie intégrante de l'histoire, elle ne sert pas, comme chez Disney, à occulter la vérité par un retournement de situation improbable, mais au contraire à célébrer la vie en tenant compte de façon lucide et réaliste de la mort, présentée alors comme faisant partie intégrante d'un cycle naturel.

Un traitement intelligent et exemplaire de la part des exécutants de la série, surtout quand on sait que DOCTOR WHO est tout d'abord destiné aux enfants, un exercice remarquable dans cette volonté continu de ne pas vouloir les tromper ni leur mentir qui mérite le plus profond respect!


Et puis il y a ce fidèle code d'honneur, que quoi qu'il arrive, quelle que soit la situation, aussi grave et désespérée soit t-elle, le Docteur n'abandonne jamais, garde espoir vaille que vaille et offre un point de vue quasi systématiquement optimiste et positif sur la nature humaine, ce principe atteignant son paroxysme dans A CHRISTMAS CAROL lorsque il s'exclame simplement en rétorquant à Sardick : " Qui est ce? Personnes d'important? Mince alors, c'est pas croyable! Vous savez quoi? En neuf cent ans d'espace et de temps, je n'ai JAMAIS rencontré une personne qui n'était pas importante!", poussant l'humanisme de l'héritage de la série dans des retranchements utopiques bienvenus que l'on ne voit plus dans les fictions télévisuelles et cinématographiques de nos jours du fait de la dureté des temps et de la perte de notre innocence.

C'est cette esprit chaleureux et sincère pourtant très bon enfant qui font que l'on succombe au charme de cet épisode spécial  joliment raconté, merveilleusement interprété par un casting solide et porté une fois de plus par les musiques exceptionnelles de Murray Gold, alchimie réussi donnant lieu à un spectacle parfaitement approprié pour célébrer Noël de façon magique et féérique.

Une véritable célébration des valeurs humanistes que le dernier des maîtres du temps défendra à n'en point douter jusqu'à son dernier souffle! GERONIMMMMMMMMMMMO  and Happy Christmas!


( Notez qu'en plus de l'épisode et du traditionnel making of :"Doctor Who confidential", le Blu ray  comprend le concert exceptionnel dirigé par Ben Foster :"Doctor Who at the Prom 2010" suite de plusieurs morceaux de la série composé par Murray Gold en live et en haute définition, qui mérite à lui seul l'achat de ce disque!)

NOTE GLOBALE : 16/20

DÉDICACE AMOUREUSE À MA SANDRINE D'AMOUR QUI M'A FAIT DÉCOUVRIR LES AVENTURES DE CE DOCTEUR AU CŒUR D'OR.TU ES LA TIME LORD DE MON ÂME!!!

Luke Iron Mars

jeudi 25 août 2011

WONDER WOMAN UNAIRED PILOT produit par David E. Kelley (2011)


WONDER WOMAN UNAIRED PILOT produit par David E. Kelley (2011)

Petite surprise inédite, le net a laissé filtrer le fameux pilote de Wonder Woman produit par David E.Kelley qui avait été présenté à la chaine NBC pour lancer une nouvelle série et qui a été rejeté provoquant l'annulation pure et simple du projet. Étant fan de la célèbre amazone, je ne pouvais pas rater cette occasion de juger par moi-même ce que valait ce projet...


Pour remettre dans son contexte les événements, en mars 2011 le projet était dévoilé avec une photo de l'actrice Adrianne Palicky dans le rôle-titre arborant un nouveau costume de la miss Wonder.

Premier clash avec les fans du comics à l'affût du moindre écart, le costume intègre un pantalon bleu en sky ainsi que des bottes tout aussi bleues qui provoquent un tollé sur le net. Exit donc le petit short étoilé qu'arborait fièrement Lynda Carter dans la série des années 70.

L'annonce dévoile également que la belle Elizabeth Hurley fait partie du casting et que Jeffrey Reiner réalisateur notamment du pilote de Caprica-spin off de Battlestar Galactica-sera derrière la caméra, McG (à qui l'ont doit les 2 Charly Angels) prévu au départ, ayant annulé sa participation. Le buzz est lancé!


Dès la semaine suivante, des photos du tournage sont dévoilées montrant que la production a tenu compte des critiques négatives et des remarques des fans. Les bottes deviennent rouges et le pantalon toujours présent n'est plus en sky.

Mais ces photos, montrant Wonder Woman en pleine course au milieu du trafic urbain vont de nouveau provoquer des réactions vives.Cette fois c'est la crédibilité d'Adrianne Palicky qui va être remise en cause via ces fameuses photos, alors que pourtant lors de la première annonce personne ne remettait en question ce choix! Autant dire qu'adapter les aventures de l'héroïne de DC COMICS s'avère être compliqué...

Moins de 2 mois plus tard, NBC rejette le pilote et annule la série. Fin de l'aventure "Wonder Woman is back".


Heureusement internet est là, et suite à une fuite, le pilote se retrouve mis en ligne.
Alors,que vaut vraiment ce pilote?

L'épisode démarre quasiment sur les chapeaux de roue, et installe vaguement en deux minutes une menace en nous montrant un jeune étudiant soudainement pris de spasmes avec des larmes de sang lui coulant des orbites. Cela serait le résultat d'une drogue énergisante qui boosterait les facultés et qui serait commercialisée par la firme Calepharmaceutics dirigée par l'intouchable Veronica Cale (joué par Elizabeth Hurley). Wonder woman et son alter-ego Diana Thermiscira dont l'identité est publique tente de faire tomber Calepharmceutics afin de mettre un terme à leurs agissements...


Dès le départ, l'identité de Wonder Woman est donc connue de tous et l'épisode ne nous dira pas dans quelles circonstances. On nous propulse très vite en pleine course-poursuite musclée en plein trafic routier et il faut l'avouer en quelques instants, on se retrouve captivé!

Adriane Palicky est instantanément convaincante et il faut le dire, arbore de plantureuses formes et des mensurations sculpturales dignes de l'Amazone! Mieux, la miss se comporte de façon brutale, chassant sa proie et l'envoyant valser sans retenue et ce devant le public médusé et les forces de l'ordre exigeant qu'elle lâche le criminel qu'elle malmène ce qu'elle finit par faire à contrecœur et en ronchonnant!

On comprend vite que les agissements de la belle digne d'un vigilante ne sont pas du goût de tous et que les pouvoirs publics et les médias contestent et remettent en question ses méthodes peu orthodoxes, on est loin du mythe de la super héroïne que l'on connait!


On découvre ensuite son deuxième visage, celui de Diana à la tête de l'entreprise Thermiscira Industries qui vend l'image de Wonder Woman à travers des goodies et autres produits dérivés tels que des poupées à son effigie pour financer ses combats (!?!).Il s'agit de la séquence du pilote la plus maladroite et franchement la moins crédible dans l'état , Diana se plaignant du manque de crédibilité de la paire de sein des poupées faites à son image (O_O).

Le reste de l'épisode concerne la croisade de Diana pour faire tomber Veronica et son entreprise pharmaceutique et nous présente divers protagonistes tel qu'un inspecteur de police et un ancien prétendant pour qui Diana a encore très clairement des sentiments.Toute cette partie constitue le plus gros de la deuxième partie du pilote et installe les relations de Diana avec son entourage nous laissant entrevoir ce qu'aurait donné la série à ce niveau.


La troisième partie nous montre Wonder Woman en pleine action et je tiens à le préciser la belle porte enfin le fameux short étoilé tant réclamé par les fans, et là autant dire que la surprise est au rendez-vous! On découvre que l'Amazone est une adepte des méthodes fortes, de la torture lorsqu'il faut qu'elle soutire des informations et va même jusqu'à l'impensable pour une super héroïne : Tuer ses ennemis!

Énervé suite au décès d'une victime de la drogue énergisante, Diana enfile son costume et malgré toutes les mises en garde des pouvoirs publics, investit le laboratoire incriminé pour faire le ménage de façon musclée!

Le côté puissant de Wonder est mis en avant et la voilà en train de démolir une vingtaine de gros bras sans faire dans la dentelle! elle les fait valser sans difficulté, et les massacre, se servant des uns pour taper sur les autres et ne faisant preuve d'aucune pitié pour qui se met en travers de son chemin!
Elle va même jusqu'à lancer un tuyau dans la carotide d'un assaillant, le tuant sur le coup! On se croirait dans "Commando" avec Arnold Schwarzenneger!!!


La grosse surprise pour moi vient d'Adrianne Palicky qui s'avère réellement impressionnante dans le rôle de l'Amazone et ce contre toute attente, c'est le point fort de cette adaptation qui livre une version énervée bad ass et radicalement violente de la Wonder héroïne.

Par contre, l'aspect visuel et la construction narrative, elles, se rapprochent plus dans les faits de celles des épisodes de "Smallville", ce qui rend les choses étranges, totalement atypiques pour ce genre.

Comprenez que les raisons de l'abandon par NBC sont assez claires pour moi. Le décalage de ces deux aspects qui ont du mal à s'accorder rendant la série inappropriée à une grille de programme télé, ou du moins difficile à caser. Pas pour les enfants, pas vraiment pour ado, matûre dans son approche brutale des agissement de Wonder Woman... Le pilote a le cul entre 3 voire 4 chaises.


Je tiens à préciser une chose de taille. La version que j'ai vue est une version de travail qui est loin d'avoir été finie, mais donne une bonne idée générale du résultat final. De nombreux sfx manquent, la musique utilisée est de toute évidence temporaire puisqu'il s'agit en grande partie du score du film "Iron Man" et des informations s'affichent à l'écran destinées semble t'il aux divers départements travaillant sur le projet.

Mais ce pilote montre suffisamment ce à quoi on aurait eu droit et je dois l'avouer je suis encore plus déçu de voir que NBC l'ai rejeté car finalement il donne sacrément envie d'en voir plus et aurait très clairement relancer l'engouement du grand public vis-à-vis de Wonder Woman!!!

Luke Iron Mars