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vendredi 6 janvier 2012

REDLINE de TAKESHI KOIKE (2010)


REDLINE de TAKESHI KOIKE (2010)

(REDLINE est disponible en France chez l'excellent éditeur KAZE en dvd et en Blu ray. Je vous conseille fortement de faire l'expérience du film de Takeshi Koike en haute définition afin d'apprécier à sa juste valeur le travail gigantesque abattu par les animateurs et l'équipe du film!) 

Dans un futur proche, malgré le fait que la technologie permette aujourd'hui aux véhicules de voler, des fous du volant embarqués à bord de bolides traditionnels continuent de s'affronter dans des courses infernales et clandestines où tous les coups sont permis totalement interdites par le gouvernement.

C'est le cas de JP, un pilote qui  au contraire des autres refuse obstinément d'avoir recours à des méthodes frauduleuses et agressives pour gagner, préférant concourir à la régulière dans les règles de l'art.

Non seulement cette ligne de conduite lui complique énormément la tâche et lui vaut même le sobriquet de "gentil JP", ses adversaires eux n'hésitant pas à surarmer leurs bolides, mais il conduit de plus à son insu un véhicule trafiqué par son coéquipier également mécano qui fricote dans son dos avec la mafia afin de truquer les courses dans le but de faire monter les enjeux des paris.

Il va bientôt faire la connaissance d'une jolie pilote, Sonoshee, dont il va tomber amoureux, prête à tout pour remporter les épreuves et qui partage comme lui une certaine vision similaire de ce sport extrême, et va bientôt participer à la course ultime la plus mythique de la galaxie : la REDLINE!


Sept ans, il aura fallu sept longues années de dur labeur pour que REDLINE voit le jour sous l'impulsion d'un des maîtres de l'animation les plus fous et révolutionnaires du genre Takeshi Koike (à qui l'on doit l'épisode RECORD DU MONDE dans ANIMATRIX, la séquence animée démentielle de KILL BILL ou encore la série AFRO SAMOURAÏ) et de l'inventif et anticonformiste Katsuhito Ishii (PARTY 7 et TRAVA).

Attendu comme la venue du Messie sur terre par les fans d'animation, REDLINE aura su susciter tous les fantasmes, annoncé lors de son développement comme le renouveau de l'animation japonaise par le studio mythique MADHOUSE, comme étant la prochaine étape de ce mode d'expression encore aujourd'hui trop sujet à des a priori en Occident par les détracteurs du format, une sorte de projet ultime précurseur représentatif de ce que le pays du Soleil Levant va nous livrer dans les dix voire les vingt prochaines années. C'est dire si les enjeux dépassent allégrement la simple envie des intervenants de REDLINE de divertir le spectateur!

Autant mettre fin au suspense immédiatement, d'un point de vue général REDLINE s'avère effectivement être une des expériences animées visuelles les plus hallucinantes et hallucinées jamais vues depuis longtemps sur grand écran, un sommet du genre qui dépasse même à ce niveau toute les attentes des férus d'animation comme promis par le studio... Oui mais malheureusement si la forme est effectivement révolutionnaire le fond en revanche souffre de beaucoup trop de défauts symptomatiques de l'industrie japonaise actuelle. Explications!


Visuellement donc, REDLINE s'offre une qualité d'animation hors norme, une mise en forme exceptionnellement sublime, chaque plan du film fourmillant de détails qui confine à la folie pure, à l'obsession de la part des artistes ayant oeuvré sur le film de démontrer leur envie de dépasser les limites du format de ce mode d'expression, d'exploser son cadre réducteur trop étriqué pour afficher et magnifier la richesse du monde dépeinte ici de manière ébouriffante dans le soin d'offrir aux spectateurs ce qui a été promis : une expérience unique en son genre, une montée crescendo perpétuelle plan après plan de vouloir aller plus haut et plus loin dans cette représentation de l'imitation de la vie qui plus est appliquée à un univers fantastique inventif faisant la part belle aux créatures bigarrées au design extrêmement travaillé et à la crédibilité tangible.

Dès son début détonnant montrant une de ces fameuses courses sans limite sur le dangereux circuit escarpé de Yellowline, les véhicules affichent une mise en valeur proprement fascinante, détaillés jusque dans leurs moindres rouages, sublimés par une mise en couleur et des textures magnifiant chaque carrosserie, chaque boulon et piston, la sensation de vitesse étant de plus retranscrite avec fureur et extase à l'écran, les limites physiques des matériaux étant littéralement déformées et dilatées à l'extrême afin de susciter un maximum de sensations signifiant une vélocité hors norme explosant les limites du concevable et du raisonnable, le rendu des course-poursuites infernales exaltant la rétine à chaque image, ces dernières défilant à une vitesse vertigineuses et proprement hallucinatoires, à la limite de l'abstraction totale.

Il suffit de quelques minutes pour se retrouver happé par cette mise en scène et ce découpage des plans aussi syncopé que survolté, à l'exercice de style souhaitant constamment aller plus loin d'un plan à l'autre, et forcément qui laissera sur le bord de la route une partie du public qui risque de se retrouver noyé et saturé par ce tourbillon incessant de couleurs et cette représentation sous LSD de la vitesse pure déraisonnable qui exacerbe le besoin inhérent de ces pilotes sans peur de défier les lois de la gravité elle-même, dans le but inavoué de tendre à la liberté totale dans un dépassement de soi quasi-spirituel.


Inutile de dire que le fait que l'animation est ici faite uniquement "à la main" rajoute forcément une certaine fascination supplémentaire pour le résultat exceptionnel de cette expérience presque trop riche pour être perçue et intégrée par la perception normale du commun des spectateurs, et participe grandement à nous laisser la mâchoire ouverte devant ce tour de force artistique hors du commun et proprement surhumain .

De ce point de vue, il est impossible de ne pas succomber à REDLINE tant le travail abattu suscite l'admiration constante, surtout pour le connaisseur qui ici se retrouve à dénombrer la multitude de détails affichés et animés traditionnellement à l'image, forcément ébloui et subjugué par ce soin irréprochable et effectivement révolutionnaire annoncé par ce projet fou furieux qui plus est appuyé par une bande sonore explosive, chaque vrombissement de moteur participant également à amplifier les sensations fortes et à prodiguer une expérience sensitive intensément surréaliste... Oui, mais ô désespoir il y a un mais, et de taille!

C'est malheureusement au détriment du fond ouvertement sacrifié que la forme a été largement privilégiée, un constat de plus en plus représentatif de la direction que l'industrie de l'animation japonaise prend depuis sa démocratisation à la fin des années 90, que le genre s'est ouvert au marché international, un symptôme latent qui se met de plus en plus à contaminer les créatifs nippons les plus prestigieux désireux d'exporter leurs œuvres (pas forcément uniquement dans ce domaine par ailleurs mais également dans celui des jeux vidéo et même du cinéma traditionnel) dans cette envie de toucher un public plus large en faisant de l'œil à l'Occident en créant des personnages de plus en plus facilement identifiables par ce public et reflétant les goûts de ces marchés extérieurs, perdant de ce fait au passage leur identité japonaise si particulière qui octroyait un charme infiniment plus dépaysant voire "exotique" aux œuvres Japonaises.


C'est le cas ici dans le traitement des personnages principaux, à commencer par son héros JP, physiquement sorte de rocker arborant une banane qui rendrait fou de jalousie Fonzie de HAPPY DAYS! Ce personnage à la droiture exemplaire (surnommé littéralement JP le gentil pour bien nous le faire comprendre!) affiche une classe qui renvoit à l'imagerie des héros américains des années 50, un look de bad boy censé être excentrique et borderline certes loin des standards graphiques propres à l'animation japonaise mais finalement bien trop formel pour nous occidentaux, presque trop caricatural même jusque dans sa dégaine, ses postures et son attitude "à la cool".

Il en va de même pour Sonoshee, une jeune femme également pilote chevronnée au caractère bien trempé dont JP s'est évidement amouraché, et qui si elle affiche bien des signes extérieurs physiques typiques de l'imagerie "Manga" (des cheveux verts, des grands yeux etc etc...) n'en reste pas moins une héroïne aux formes sexy et à l'attitude désinhibée plus proche des canons occidentaux. Ce design et cet aspect visuel ne serait pas si handicapant (d'autres anime utilisent une codification occidentale avec beaucoup d'invention comme COWBOY BEBOP par exemple) si concernant leur émotion et leur relation les protagonistes ne se comportaient pas de façon aussi linéaire, à la limite du binaire le tout étant beaucoup trop ramené à des enjeux d'une simplicité trop naïve (on se croirait presque dans la logique amoureuse de GREASE!!!)

On peut aussi s'étonner d'un autre détail plutôt surprenant et incongru : REDLINE, s'il fait entre autre référence à des jeux vidéo comme F-ZERO ou WIPE OUT, semble surtout être très influencé par la logique narrative et visuelle particulière de SPEED RACER (le film live des frères Wachowskis et non l'anime d'origine japonaise dont ce dernier est tiré) les deux métrages partageant de trop nombreux points communs qui dépassent les simples coïncidences (Un héros au cœur pur face aux manigances d'un système corrompu, une amourette liée aux sensations même procurées lors des courses, une envie de gagner la course dans le respect des règles) copier-coller jusque dans leur retranscription survoltée et sublimée du rendu de la vitesse... Un comble de voir qu'un anime japonais s'inspire d'un film live américain tiré lui-même à la base d'un anime japonais!


Si la diversité visuelle est bien présente pour représenter la population extraterrestres diverse et variée, les psychologies des personnages secondaires, elles, de manière générale sont trop effleurées empêchant que l'on s'attache durablement, ces derniers n'étant pas assez développés à l'écran malgré des présentations (trop) longues de chaque intervenant mais ennuyeuses et bavardes. On touche alors au vrai problème du film, celui de la narration bordélique multipliant les sous-intrigues auxquelles il est difficile de s'intéresser, du développement de sa trame principale parsemée de trop d'éléments inutiles (un side kick qui magouille avec la mafia, une arme biologique lâchée en pleine course par le gouvernement qui sème la destruction) et dont les enjeux dramatiques sont d'ailleurs expédiés en deux temps trois mouvements voire parfois carrément abandonnés en cour de route sans plus d'explications.

Forcément au milieu de ce déferlement d'images éblouissantes cela fait tache et déçoit profondément, même si l'expérience reste si unique en son genre qu'on finit (une fois ce constat fait et digéré) par adhérer au métrage de Takeshi Koike, qui reste quoi qu'il en soit une œuvre aux excès jubilatoires visuels ultra-jouissive et nous laisse irrémédiablement marqués par cette idée touchante de voir les deux héros souhaitant simplement via ces courses dépasser les interdits, les limites humaines sportives et quasi-spirituelles afin d'atteindre un état d'apesanteur où ils deviennent intouchables en franchissant la ligne d'arrivée symbolique, atteignant alors la liberté dans son sens le plus pur et le plus noble du terme, dans un état transi proche de l'orgasme et survolté par l'extase suprême qui en découle en cet instant T.

Finalement et quelque part, on  peut y voir la métaphore de la démarche initiée par les artisans de REDLINE qui à l'image de ces coureurs exaltés souhaitent dépasser les règles que leur monde et leur domaine leur impose! À ce niveau, le pari est largement gagné et mérite le détour à pleine vitesse!

NOTE GLOBALE : 15/20

DÉDICACE À NICOLAS MOREIRA ET CÉDRIC CHEYSSAC, DEUX ARTISTES TALENTUEUX QUI ME FONT RÊVER À TRAVERS LEURS DESSINS ET LEUR IMAGINAIRE DÉBORDANT!

Luke Iron Mars

mardi 13 septembre 2011

NO.6 (2011, STUDIO BONES)



NO.6  (2011, STUDIO BONES)

2013, la dernière grande guerre a laissé derrière elle des terres totalement dévastées, ravagées et invivables en grande partie. Un traité connu sous le nom de "Babylone" interdisant les armes militaires va mener les survivants à organiser les derniers espaces habitables en six grandes régions. Dans ces villes immenses, le peuple vit sous contrôle permanent, est totalement pris en charge et doit répondre à des règles strictes. Le jeune Shion un peu plus rêveur et curieux de nature que les autres citoyens vit dans l'une d'elles, la numéro 6.


Autant vous l'avouer, il ne m'est pas facile d'expliquer cet Anime, tant celui-ci est particulier et demande une certaine indulgence et un peu de patience de la part du spectateur.
Le premier épisode nous montre la rencontre de Shion et Nezumi enfants dans des circonstances étranges alors qu'on se pose déjà énormément de questions au départ autour de la cité No.6, de son mode de fonctionnement, sur sa création et le comportement étrange de ses habitants.
Les explications devront visiblement attendre, car la narration, dès le deuxième épisode, nous fait faire un bond de quatre ans dans le temps sans aucune transition.

On retrouve donc Shion âgé maintenant de 16 ans destitué de ses anciens privilèges et exclu de son école d'élite d'origine. On comprend vaguement que cela est lié aux événements passés, à sa rencontre avec Nezumi, mais on ne nous donnera guère plus de détails... Étrange façon de débuter une histoire donc et au moment où on pense retrouver un rythme narratif régulier, un nouvel élément important intervient!


En effet, Shion rétrogradé à des tâches plus communes, qui travaille maintenant à la surveillance vidéo d'un secteur de la ville No 6, découvre un corps sans vie portant une marque pour le moins étrange.
Ce dernier aurait été victime d'une infection liée à d'étranges guêpes qui telles des parasites éclosent d'une protubérance dans le cou provoquant ce faisant un vieillissement accéléré de l'hôte et bien sûr sa mort immédiate.

Ayant assisté au décès d'un de ses collègues contaminé par cette étrange maladie, Shion va être immédiatement arrêté par la police de sécurité de la ville pour être emmené dans un camp de correction. Mais Nezumi va ressurgir du passé et intervenir pour provoquer son évasion.


C'est là enfin que l'histoire va se poser un peu, une fois que Shion banni de la cité no6 intègre les bidonvilles situés à l'extérieur, en terre hostile... Il va vivre aux côtés de Nezumi et réapprendre à vivre selon les nouvelles règles imposées par les nouvelles conditions de vie austères liées à ces bas-fonds.
A partir de là, c'est alors l'exact inverse de ce que l'on a vu dans les 2 premiers épisodes, le rythme ralentit complétement et les informations sont dès lors données au compte-goutte.

On a un peu l'impression de revivre le syndrome de la série "LOST", tant les questions innombrables s'accumulent, que le mystère s'épaissit et qu'on a bien du mal à voir où tout cela va nous mener. Heureusement "NO.6" est parcouru de plusieurs idées intéressantes qui nous poussent à insister...


La psychologie des personnages peut paraître classique dans un premier temps, Shion étant un garçon qui fait preuve de beaucoup d'empathie pour son prochain sans faire de distinction n'aillant aucune notion de bien et de mal, transformant par son humanité presque naïve ceux qu'il va être amené à côtoyer, ces derniers étant plutôt habitués à la méfiance d'autrui étant donné la situation de leur survie permanente, à commencer par Nezumi.

Nezumi, a contrario, est un jeune homme androgyne au comportement austère, froid et d'apparence insensible mais cultivé ou tout du moins faisant preuve d'une certaine fibre artistique mais au fond blessé, meurtri et terriblement rongé par la vengeance... Rien de nouveau donc, sauf que le traitement du rapprochement de ses deux personnages est ici très intéressante.


Le véritable enjeu de NO6 concerne les relations troubles, ambigües et les changements que Shion et Nezumi subissent en se côtoyant leur attirance irrépressible dû à ce lien indéfectible créé lors de leur première rencontre si étrange et atypique..

Si tout cela se met en place lentement, c'est le 7ème épisode proprement magnifique qui révèle le début des sentiments de Nezumi pour Shion, la série flirtant alors avec le genre Yaoi, on finit même par oublier la trame concernant la cité no 6 au profit des personnages et de leur évolution car avouons-le, on s'attache à cette relation atypique et improbable que l'on peut presque assimiler à celle d'un couple.


Mais ne vous y trompez pas, tout cela, ces scènes d'expositions longues, cette routine et ce rythme lent ne sont là que pour amener à des événements aux enjeux dramatiques bien plus importants, très durs et qui font écho aux heures les plus sombres de l'histoire de l'Humanité..

Les insoumis de cette cité utopique sont immédiatement exclus, enlevés ou abattus dans l'ombre et les rares à échapper à tout cela sont donc contraints de vivre en marge de la ville, entourés d'un mur qui évidemment fait immédiatement penser à celui de Berlin avec tout ce que cela implique. C'est l'épisode 8 qui va tout faire basculer dans le réalisme et la crudité de la violence sans prévenir.


Je ne spoilerai pas, mais le ton de cette série est résolument dur, politiquement engagé et un véritable appel à la révolte totale et intègre même une forme de spiritualité liée à la nature. La répression, les camps, la dictature sont autant de thèmes qui vont venir s'insérer dans cette histoire de prime abord innocente... et dans ces moments j'aime autant vous dire que les images ne nous épargnent pas...

En d'autres termes, NO.6 est une série vraiment originale parcourue de personnages touchants, qui s'offre un rythme lent et rassurant bien à lui pour mieux vous perturber par la suite; Elle mérite amplement votre attention, surtout à partir de l'épisode 7 où les événements prennent une tournure dramatique et qui une fois lancés donnent lieu à des moments intenses, rarement vus dans le format animation, thématiquement forts et même traumatisants.

Une grosse surprise du studio BONES diffusée de manière totalement confidentielle que l'on attendait pas, ne passez pas à côté!

NOTE GLOBALE : 15/20

Luke Iron Mars

vendredi 19 août 2011

GOSICK (2011,studio BONES)


GOSICK (2011,studio BONES)
 24 X 25 mn  (série complète)

1924,Kasuya Kujo est envoyé par son père au royaume de Saubure, situé entre la France et l'Italie.Il va y intégrer une école prestigieuse et de réputation aristocratique bien qu'il soit d'une famille modeste.
C'est dans ce cadre, au dernier étage d'une tour qui est une immense bibliothèque qu'il va faire la connaissance de Victorica, une jeune fille au caractère bien trempé et au comportement quelque peu singulier.
Victorica vit recluse, à l'écart des autres élèves, et a la particularité d'élucider avec une aisance déconcertante n'importe quel crime.
C'est également la petite sœur de l'excentrique et incompétent inspecteur Gravil de Blois qui se sert d'elle pour résoudre des affaires plus tortueuses les unes que les autres.
Mais Kasuya va vite découvrir que derrière cette détective implacable de prime abord et sûre d'elle se cache une petite fille bien plus fragile qu'il n'y paraît qui a un lourd fardeau...


Il s'agit d'un de mes Anime coups de cœur de cet été! Et pourtant dans son principe,GOSICK est assez simple et classique dans sa narration mais nous présente des protagonistes particulièrement captivants.

Le fait est qu'on s'attache très rapidement aux deux personnages principaux, Kasuya étant un jeune homme prévenant un peu naïf mais extrêmement dévoué et faisant preuve de beaucoup de courage et Victorica d'apparence stoïque qui cache ses vraies émotions est vraiment touchante.

Victorica justement est une jeune fille au caractère surprenant qui vous fera passer du rire (souvent involontaire et à son détriment!) aux larmes sans transition.
C'est cet équilibre entre son côté dur et son côté fragile voir triste qui en fait une héroïne attachante, avec une mention spéciale à ses petites mimiques et à son excellente voix japonaise  interprétée par la talentueuse Aoi Yuki, il est par exemple impossible de ne pas craquer quand notre petite détective rigole narquoisement pour tourner en ridicule certaines situations, tout simplement ultra Kawaï!


Les enquêtes ne sont là que pour nous dévoiler le personnage de Victorica et au fil des épisodes on comprend que le véritable sujet c'est elle, son passé, son histoire que l'on découvre au fur et à mesure à travers les yeux de Kazuya.
Les fameuses enquêtes d'ailleurs ne sont pas à proprement parlé complexes, on est loin d'avoir affaire à des mécanismes tortueux et machiavéliques comme dans la série DÉTECTIVE CONAN mais on prend plaisir à chercher les réponses avant Victorica.

De manière générale GOSICK a bénéficié du plus grand soin.Graphiquement l'anime est absolument magnifique, on voit immédiatement que le studio BONES a mis les petits plats dans les grands notamment en ce qui concerne les décors tous plus sublimes les uns que les autres comme les grands escaliers en colimaçon de la tour où vit Victorica absolument vertigineux!


Idem en ce qui concerne la musique,ça faisait longtemps que je n'avais pas été aussi séduit par un score d'Anime, tout simplement belle!

C'est ce soin qui fait de GOSICK une série vraiment captivante de qualité qui de plus est relativement courte (seulement 24 épisodes), malgré une histoire au déroulement classique mais bien ficelée et rondement menée,  parsemée de personnages très attachants et à la psychologie bien travaillée.

Une petite perle du studio Bones!


NOTE: 17/20

                                     
                                         Clip video de l'opening de GOSICK interprété par Lisa

Luke Iron Mars

DANTALIAN NO SHOKA (2011,Studio GAINAX)


DANTALIAN NO SHOKA (2011,Studio GAINAX)
 

C'est le 3em (et le dernier pour moi) choc avec "AO NO EXORCIST" et "GOSICK" des nouveautés de cet été. 

Hugh Anthony Disward dit "Huey" vient de perdre son grand-père et hérite de tous ses biens dont une étrange clé .Le testament lui indique qu'il doit se rendre à la bâtisse du défunt puis trouver l'entrée de la mystérieuse bibliothèque de Dantelian qui hypothétiquement renfermerait des ouvrages mystiques appelés "livres fantômes" aux pouvoirs extraordinaires.Sur place, il fait la connaissance de la jeune Dalian qui vivait semble t'il auprès de son grand-père.Il va bientôt découvrir que cette jeune fille renferme un mystère étonnant qui va lui faire vivre des enquêtes pour le moins étranges...


Produit par le célèbre studio GAINAX (Evangelion),DANTALIAN NO SHOKA nous expédie dans une histoire où se croisent pêle-mêle des meurtres macabres, des livres spectraux, une jeune fille dont le corps est la porte vers une bibliothèque occulte de 900.666 ouvrages interdits et un jeune homme fringant qui hérite de tout ça!

Sombre, mystique, visuellement original avec notamment des images lives combinées à l'animation ainsi qu'un ton nihiliste, DANTALIAN NO SHOKA envoûte de façon mélancolique.


Les livres sont ici le point de départ pour traiter du savoir, de ce que l'on en fait, des connaissances parfois utilisées à de mauvaises fins, aux répercussions sur notre société... intéressant donc de voir un Anime aborder cela sur un ton résolument mature et qui pousse à la réflexion.
Servi par une animation impeccable, une ambiance étrange, l'anime à travers le personnage de Dalian n'en oublie pas pour autant l'humour.
La petite Dalian d'ailleurs ressemble à s'y méprendre à Victorica, l'héroïne de mon autre coup de cœur de l'été : GOSICK.


C'est pas compliqué, elles pourraient être sœurs puisqu'elles partagent de nombreux points communs à commencer par leur gourmandise sans limite pour les pâtisseries ainsi qu'une attitude de prime abord taciturne sans parler du fait qu'elles sont toutes les deux des dévoreuses d'ouvrages!Étrange coïncidence...

Pas besoin d'en dire plus je pense, GAINAX fait une fois de plus très fort! Seulement 4 épisodes au compteur pour l'instant mais la promesse d'un anime mature au sujet original.


Les droits de diffusion de "DANTALIAN NO SHOKA" ont d'ailleurs été achetés pour la France pour une sortie prochaine.


déconseillé aux moins de 15 ans


Luke Iron Mars

mercredi 17 août 2011

BLACK ROCK SHOOTER de Huke,Studio Ordet

BLACK ROCK SHOOTER
(OAV,1X50 mn par Huke,Studio Ordet)

C'est en furetant sur le net que je suis tombé sur des visuels de production de cet anime au style graphique fort chatoyant. Surprise, c'est le premier anime du jeune studio Ordet qui fait suite à un clip faisant office de trailer, lancé çà et là sur divers sites de partage vidéo à l'instar de Youtube.

Intrigué, forcément vu le chara design magnifique, j'ai creusé plus en avant pour découvrir cette OAV mise en ligne gratuitement par le studio Ordet.
D'une durée de 50 minutes, cette OAV est la version longue du clip promotionnel.

Mato Kuroi est une jeune lycéenne qui a la joie de vivre.
Elle entre en première année de lycée et va faire la connaissance de Yomi Takanashi.
Très vite les deux adolescentes vont devenir les meilleures amies du monde et vont partager au jour le jour leur amitié à travers diverses activités.
Au même moment, dans un monde parallèle, deux guerrières s'affrontent jusqu'à la mort, déployant leur pouvoir sans retenue...
Un jour, Yomi disparaît sans laisser de traces...




WOW O_O on est dans un anime qui est vraiment loin d'être facile à appréhender!
Pour commencer, je préfère vous prévenir que BLACK ROCK SHOOTER se subit lors de son premier visionnage.
Comment définir cette expérience étrange?

L'anime commence par une baston entre les deux guerrières et se pose brutalement pour une bonne dizaine de minutes dans le monde réel, montrant l'amitié, certes adorable et familière (on a tous plus ou moins connu ça) entre Mato et Yumi, mais au combien...chiante!
Oui, on s'ennuie un peu, avouons-le... Sauf qu'au moment où vous vous apprêterez à arrêter cette anime, PAN! On retourne dans ce monde parallèle où les deux guerrières aux visages familiers s'affrontent!

Du coup, on tient, intrigué par tout ça. Mais, ô frustration ultime, la fin de l'anime ne nous en dira pas beaucoup plus!!! Elle se contentera de nous mettre la bave aux lèvres!!! Car quoi qu'on en dise, l'anime accroche, laisse une trace indélébile et donne sévèrement l'envie d'en savoir plus!



Pourtant, cet épisode de 50 minutes ne sert qu'à une chose :  introduire le personnage de Black Rock Shooter!
Ceci étant, cette OAV aurait gagné à être plus courte d'une bonne vingtaine de minutes... On s'ennuie quand même souvent, malgré le style narratif lent à la "Serial Experiment Lain" ici probablement voulu.

Reste que pour l'instant, il faut se contenter de ces 50 minutes... On espère fort qu'il y aura une suite... Pas prévue pour l'instant...

note : 15/20 .

Malgré un rythme narratif trop lent,on reste intrigué jusqu'au bout par cette Anime au chara design et à l'animation soignés.Pour les plus curieux en attendant une hypothétique suite.


Luke Iron Mars

BLACK BUTLER ( 2008-2009 A1 PICTURES INC. )



BLACK BUTLER ( 2008-2009 A1 PICTURES INC. )
( 黒執事, Kuroshitsuji-saison 1-24 épisodes + une OAV)

UN DIABLE DE MAJORDOME!

Au beau milieu de la production courante qui continue à nous déverser des Shônens vus et revus, il peut arriver qu'un titre ou deux sortent de l'ordinaire. C'est le cas de Black Butler, adaptation du manga de Yana Toboso, édité par Square Enix. Une oeuvre particulièrement originale et rafraîchissante!...

Au XIXe siècle, Ciel Phantomhive est un comte de l'aristocratie âgé de 12 ans. Orphelin, il a perdu ses parents dans un incendie criminel. Il hérite donc de l'entreprise familiale "PHANTOM", spécialisée dans les jouets et les friandises qu'il dirige d'une main de fer, malgré son jeune âge et réside dans un mystérieux manoir...Cependant, il ne vit pas seul dans cette étrange bâtisse puisqu'il est accompagné de plusieurs domestiques dont un majordome prénommé Sebastian. Un simple homme de ménage? Peut-être pas... D'ailleurs, il n'est peut-être même pas humain...

Si le premier épisode laisse perplexe, le second rentre dans le vif du sujet pour nous faire comprendre que Sebastian est loin d'être un majordome comme les autres... C'est un diable! Et ce, au sens propre du terme!

En effet, on comprend çà et là qu'il est lié par un pacte diabolique au jeune comte Ciel, qui en échange de ses services devra au final lui livrer son âme... Et quels services! Sebastian fait preuve d'un savoir-faire exemplaire dans son travail. Quel que soit le challenge à relever -culinaire ou mondain- ce dernier excelle! Loin de n'être qu'un domestique conventionnel, il conjugue à la perfection les casquettes de maître de maison, de combattant d'élite, d'enquêteur d'exception et maîtrise la technique de combat du lancer de couverts(si si O_O). J'en passe et des meilleures!...

Vous l'aurez compris, tout cela est prétexte à une multitudes de péripéties plus excentriques les unes que les autres, parfois totalement hilarantes. Voilà comment on passe d'une leçon de danse à une chasse aux bandits d'un épisode sur l'autre et ce, sans transition.

Mais tous ces délires farfelus n'excluent en rien la profondeur de cette anime, notamment en ce qui concerne les personnages. Les rapports troublants et ambigus entre Ciel et Sebastian intriguent, captivent et émeuvent. Voilà le point fort de Black Butler : c'est le mélange bienvenu des genres! On passe du Shônen à du Shojo et on retrouve même certains éléments de Yahoi. Tout cela avec une belle harmonie.

Tout s'emboîte parfaitement et donne une série tourbillonnante au déroulement inattendu et au développement surprenant, servit par des personnages charismatiques et immédiatement attachants. Sans oublier l'humour noir et les situations cocasses.

L'auteur n'hésite pas à inclure des éléments historiques connus, à s'appuyer dessus et à livrer sa propre version des faits, parfois peu orthodoxe . Il est ainsi étonnant de redécouvrir le célèbre Jack l'Eventreur par exemple, passé à la moulinette "Black Butler"!

D'un point de vue vestimentaire, XIXe oblige, c'est un véritable défilé de mode. Ciel Phantomhive s'offre une garde-robe faite de dentelles et de frou-frous, qui fait le ravissement des yeux. Il s'offrira même le luxe de s'habiller comme une petite fille, le temps d'un épisode. Le travestissement, un élément typique des mangaka féminins.
La sensibilité de l'auteur Yana Toboso imprègne cet anime et c'est du coup à un véritable festival de couleurs chatoyantes et de paillettes, auquel on assiste.

On se demande constamment où tout cela va nous mener et on se languit de connaître la suite des aventures extravagantes de Ciel et de son diable de majordome!

Un titre bienvenu, qui a le mérite de surprendre par son originalité, ses personnages charismatiques, mystérieux et intriguant, ainsi que par son humour noir

NOTE : 18/20 Chaudement recommandé à tous ceux qui cherchent un peu d'originalité!

SPÉCIALE DÉDICACE A CHEV' qui m'a fait découvrir cet anime ^^


Luke Iron Mars